DYSLIPIDEMIE 206 : suite


"La médecine préventive est sa spécialité; il empêche ses patients de vieillir." Jacques Ferron

 
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Points essentiels à retenir : recommandations pour la prise en charge de la dyslipidémie

Publié le 13 mars 2026

  1. Il est essentiel de traiter la dyslipidémie plus tôt afin de réduire le risque à vie d'exposition prolongée aux lipoprotéines athérogènes. Un accompagnement en matière de comportements de santé visant à optimiser le mode de vie doit débuter dès le plus jeune âge, avec une prise en compte précoce d'un traitement pharmacologique chez les jeunes atteints d'hypercholestérolémie familiale (HF) et au début de l'âge adulte chez les personnes présentant un taux de cholestérol LDL (LDL-C) ≥ 160 mg/dL ou des antécédents familiaux importants de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse précoce (MCVA).
  2. Utilisez les équations PREVENT™ (Predicting Risk of cardiovascular disease EVENTS) de l'American Heart Association, plus récentes, au lieu des anciennes équations PCE (Pooled Cohort Equations) pour l'évaluation du risque à 10 et 30 ans afin de guider le traitement hypolipémiant en prévention primaire chez les adultes de 30 à 79 ans. Utilisez le modèle « CPR » : A) Calculez le risque d'ASCVD à 10 ans ; B) Personnalisez l'estimation du risque pour chaque patient en tenant compte des facteurs non inclus dans les équations PREVENT-ASCVD ; et C) éventuellement, reclassez le patient grâce à sélectivement le score calcique coronaire (CAC) et réévaluez les recommandations de traitement.

  3. Un traitement visant à réduire le taux de lipoprotéines de basse densité (LDL) peut être envisagé chez les adultes pour la prévention primaire des maladies cardiovasculaires athéroscléreuses (MCVA) avec une estimation du risque PREVENT-ASCVD à 10 ans de 3 % à <5 % (risque limite) et devrait être envisagé pour ceux dont le risque à 10 ans est de 5 % à <10 % (risque intermédiaire) après une discussion entre le clinicien et le patient.

  4. Les objectifs thérapeutiques relatifs au LDL-C et au cholestérol non-HDL sont de nouveau utilisés pour orienter le traitement hypolipémiant. La réduction du pourcentage de LDL-C demeure une priorité pour tous, l'objectif de réduction dépendant du niveau de risque cardiovasculaire.


  5. Le dosage de l'apolipoprotéine B (ApoB) peut s'avérer utile pour affiner l'évaluation du risque et orienter le traitement une fois les objectifs de LDL-C et de non-HDL-C atteints, notamment chez les personnes présentant une hypertriglycéridémie (TG > 200 mg/dL), un diabète ou un LDL-C bas (< 70 mg/dL). La mesure de l'ApoB permet d'identifier les adultes présentant un risque résiduel élevé lié aux lipoprotéines, risque qui pourrait être sous-estimé par le seul bilan lipidique standard, et peut être utile au diagnostic de certains troubles lipidiques et lipoprotéiques.

  6. Le dosage de la lipoprotéine(a) [Lp(a)] doit être effectué au moins une fois afin d'identifier les personnes présentant un risque accru de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse (MCVA). Un taux ≥ 125 nmol/L (50 mg/dL) est considéré comme un facteur de risque, associé à un risque de MCVA multiplié par 1,4 environ, et un taux ≥ 250 nmol/L (100 mg/dL) est associé à un risque estimé multiplié par 2. Un taux élevé de Lp(a) justifie une intensification de la réduction du LDL-C et la prise en charge des autres facteurs de risque.

  7. Le score CAC chez les hommes d'au moins 40 ans et les femmes d'au moins 45 ans peut améliorer l'évaluation du risque et orienter les objectifs de LDL-C et de non-HDL-C. La valeur absolue du CAC et le percentile standardisé correspondant (actuellement calculé selon l'âge, le sexe et l'origine ethnique) ont une valeur pronostique et contribuent à une meilleure classification du risque chez l'adulte.

  8. Un traitement hypolipémiant est recommandé en prévention primaire chez les adultes de 40 à 75 ans atteints de diabète, d'insuffisance rénale chronique de stade 3 ou 4, ou d'infection par le VIH, quel que soit leur taux de LDL-C. Après 75 ans, un traitement médicamenteux hypolipémiant peut être envisagé en complément de modifications du mode de vie afin de réduire le risque de maladies cardiovasculaires athéroscléreuses.

  9. En prévention secondaire, un objectif de LDL-C < 55 mg/dL (1,4 mmol/L) et de non-HDL-C < 85 mg/dL (2,2 mmol/L) est recommandé chez les personnes présentant un risque très élevé d'événements cardiovasculaires athérosclérotiques (ASCVD). Bien qu'un plus petit nombre de patients atteints d'ASCVD, mais ne présentant pas un risque très élevé, aient un objectif de LDL-C d'au moins < 70 mg/dL, la majorité des personnes ayant des antécédents d'événements cardiovasculaires athérosclérotiques pourront probablement atteindre un objectif de LDL-C < 55 mg/dL.

  10. Chez les patients présentant une hypertriglycéridémie persistante, le traitement par statines demeure le traitement pharmacologique de première intention, en complément des modifications du mode de vie, afin de réduire le risque de maladies cardiovasculaires athéroscléreuses. La prévention de la pancréatite peut également inclure des traitements hypolipémiants, notamment chez les personnes dont le taux de triglycérides est ≥ 1 000 mg/dL (11,3 mmol/L).
 

Recommandations 2026 sur la prise en charge de la dyslipidémie

Publié le 13 mars 2026


  • Cette directive remplace la directive AHA/ACC de 2018 sur la gestion du cholestérol sanguin et est renommée directive de 2026 sur la gestion de la dyslipidémie afin de refléter l'évolution de la compréhension du risque de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse (ASCVD) associé aux lipoprotéines athérogènes au-delà du cholestérol LDL (LDL-C), y compris les particules résiduelles riches en triglycérides et la lipoprotéine(a) [Lp(a)].
  • Les lignes directrices traitent de l’évaluation, de la prise en charge et du suivi des personnes atteintes de troubles lipidiques, notamment d’hypercholestérolémie, d’hypertriglycéridémie et d’élévation de la Lp(a), intégrant des recommandations nouvelles et mises à jour basées sur des données cliniques jusqu’à fin 2024.
  • Les principales mises à jour comprennent l'utilisation des équations PREVENT-ASCVD de l'American Heart Association pour guider les décisions relatives au traitement hypolipémiant de prévention primaire ; le test de Lp(a) au moins une fois dans la vie et la mesure sélective de l'apolipoprotéine B (ApoB) pour améliorer l'évaluation des risques et guider le traitement ; le retour des objectifs de traitement du LDL-C et du cholestérol non-HDL (avec des cibles plus basses pour les groupes à risque plus élevé) ; et l'utilisation élargie du score calcique des artères coronaires (CAC) pour reclasser le risque.


COMMENTAIRE

OK POUR CES DIRECTIVES 
MAIS absence du score calcique artériel périphérique et c'est très, dommageable pour les patients
La consultation de prévention du RCV en médecin vasculaire ne l'occulte pas, bien au contraire

Le score calcique artèriel  périphérique est connu depuis 2001 (Nicolaides)  et 2004 (M DEPAIRON) .....................et nous sommes en 2026 ! 

Pourquoi autant de temps pour une évidence ? 


L'identification des calcifications carotidiennes et fémorales comme marqueur du risque CV est très antérieure au CAC (score coronaire calcique) et elle est fiable. On peut y associer les calcifications de l'aorte sous rénale et définir ainsi un score de risque CV chez les patients en prévention primaire et donc alors d'ajuster le LDL et prescrire ou non une statine. Bien entendu dans ce contexte en cas de score > 4  ou 5 si on tient compte de l'aorte abdominale ,une consultation cardiologique s' impose suivi ou non d'un score calcique coronaire qui se transforme de plus en plus en coronaroscanner, qui va devenir un outil en prévention CV primaire. C'est déjà le cas et de plus en plus. De même on va prescrire une angio scanner des artères des MI devant un IPS à 0.80 chez un patient asymptomatique..........................telle est la médecine d'aujourd'hui qui se cristallise essentiellement sur la paraclinique donc les images, c'est normal car la clinique est de sortie .....pas partout heureusement, mais ça progresse  !

 

 Fiche 1

CAP

Fiche 2
avec le comptabilisation des calcifications jambières
RISQUE CVVV





Le rôle prédictif des calcifications carotidiennes est reconnu vs CAC . Mais dans la pratique ces plaques carotidiennes ne suffisent pas à mon sens
 et j'ajoute les plaques du segment iliofémoral droit et gauche et les plaques au niveau de l'aorte sous-rénale. Enfin les calcifications mammaires sont aussi très utiles. Cette comptabilisation est simple, les plaques à retenir doivent être au minimum de 2 mm d'épaisseur . Dans la VRAIE VIE les patients concernés sont tous à haut risque CV.  Il faut privilégier le  NON INVASIF en prévention primaire ! Enfin ne pas oublier que tout cela doit être précédé de la correction "drastique" des FDRCV, sinon à quoi bon vouloir faire une prévention primaire. Evaluer le risque CV en prévention primaire, c'est aussi mesurer l'onde de pouls , l'épaisseur intima média et l'IPS de cheville. C'est ainsi que l'on peut détecter un risque CV significatif chez un patient jeune asymptomatique et alors prescrire une statine en fixant la cible LDL en tenant compte de tous ces paramètres. C'est cost-effective, c'est efficace, ça prend peu de temps et ainsi le cadrage vasculaire du patient est complet. La consultation cardiologique sera systématique.


J'évalue score calcique artériel périphérique depuis 20 ans , je l'appareille aux FDRCV classiques, et le LDL . PLus récemment j'y associe la Lp(a). Ainsi la prévention primaire CV est optimisée et efficace.

Quid de l'IA  ?

Le FUTUR du FUTUR : l'écho-Doppler n'a pas encore atteint l'intelligence artificielle (IA) et c'est dommage. L'inertie des constructeurs vis-à-vis de l'IA  est assez incompréhensible. La quantification de la sténose carotidienne pourrait largement bénéficier de l'IA. Les préoccupations actuelles en matière d'imagerie diagnostique concernent le scanner et l'IRM . L'évolution IA des ultrasons concerne la mise au point d'appareils pilotés par l'IA et utilisable par des non médecins. Ces appareils sont focalisé par exemple sur une mesure comme la fraction d'éjection du ventricule gauche ou le repérage d'une thrombose veineuse.

CALL TO ACTION / ULTRASOUND and ARTIFICIAL INTELLIGENCE !  C'est URGENT ! 

Si ce n'est pas envisagé, les ultrasons disparaitront… lentement mais sûrement au profit du scanner ou de l'IRM !

A LIRE

SCORE CALCIQUE CAROTIDO-FEMORAL
https://medvasc.info/archives-blog/score-calcique-carotido-fémoral

UN autre exemple de score calcique artériel périphérique, lit jambier
 
 
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SCCAPER
 
Les calcifications ilio-fémorales seraient plus annonciatrices d'atteintes cardiaques , les distales plus  en faveur d'une amputation.

Il est important d'associer les deux, mais des études sont nécessaires.4
 
BONUS
 
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