En 2003, le prix Nobel de physiologie ou médecine est attribué à Paul Lauterbur et Peter Mansfield pour leurs découvertes ayant rendu possible l’imagerie par résonance magnétique

Mallepally A, Kidd JM, Grizzard JD, Syed HJ, Chetla N, Carucci LR, Cowper S, Trankle CR. Nephrogenic systemic fibrosis in patients with advanced renal dysfunction following gadolinium-based contrast agents.
https://pubs.rsna.org/doi/10.1148/radiol.251794?url_ver=Z39.88-2003&rfr_id=ori:rid:crossref.org&rfr_dat=cr_pub%200pubmed
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Fibrose systémique néphrogénique chez les patients atteints d'insuffisance rénale avancée après administration d'agents de contraste à base de gadolinium
Radiology. 2025 Dec;317(3):e251794. doi: 10.1148/radiol.251794. PMID: 41400469; PMCID: PMC12710783.https://pubs.rsna.org/doi/10.1148/radiol.251794?url_ver=Z39.88-2003&rfr_id=ori:rid:crossref.org&rfr_dat=cr_pub%200pubmed
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Contexte
Le risque de fibrose systémique néphrogénique (FSN) après administration d’agents de contraste à base de gadolinium (ACBG) chez les patients atteints d’insuffisance rénale chronique (IRC) avancée ou d’insuffisance rénale terminale (IRT) est considéré comme faible. Cependant, les études existantes portent sur un nombre relativement restreint de participants par rapport au nombre de patients susceptibles de bénéficier d’une IRM avec injection de produit de contraste aux États-Unis.
Objectif
Estimer le risque de FSN associé aux ACBG en pratique clinique courante chez les patients atteints d’IRC avancée ou d’IRT.
Matériel et méthodes
Les patients adultes présentant un diagnostic préexistant d’IRC de stade 4 ou 5 ou d’IRT et ayant reçu des ACBG entre janvier 2010 et janvier 2025 ont été identifiés rétrospectivement à partir du réseau américain TriNetX. Un appariement par score de propension (ASP) avec un groupe témoin, prenant en compte les caractéristiques démographiques et les comorbidités, a été réalisé afin de limiter les biais de confusion.
Le critère d’évaluation principal (fibrose néphrogénique systémique [FNS] [Classification internationale des maladies et des problèmes de santé connexes, 10e révision, code L90.8]) et le critère d’évaluation secondaire (facteurs de confusion potentiels associés à la FNS) ont été évalués sur une période d’un an. Les risques relatifs (RR) ont été calculés pour évaluer les taux d’incidence et de mortalité de la FNS, et le test du log-rank de Kaplan-Meier a été utilisé pour comparer les taux d’incidence cumulés.
Résultats
Au total, 73 022 adultes (âge moyen : 64,1 ans ± 15,1 [écart-type] ; 39 359 hommes [53,9 %]) atteints d’insuffisance rénale chronique avancée ou d’insuffisance rénale terminale et ayant reçu des agents de contraste à base de gadolinium ont été identifiés. Après appariement par score de propension (PSM), 36 (0,05 %) et 542 (0,74 %) patients atteints d'IRC avancée ou d'IRCT présentant respectivement des codes de diagnostic possibles de fibrose néphrogénique systémique (FNS) et de facteurs de confusion associés à la FNS ont été retenus, contre respectivement 36 (0,05 %) et 518 (0,71 %) dans le groupe témoin (RR : 1,00 [IC à 95 % : 0,63-1,59] [p > 0,99] et 1,05 [IC à 95 % : 0,93-1,18] [ Les taux de codes de diagnostic étaient similaires chez les patients ayant reçu des agents de contraste à base de gadolinium (ACBG) du groupe II de l'American College of Radiology et des ACBG macrocycliques, sans différence significative par rapport au groupe témoin sans IRC avancée ni IRCT.

Courbes de Kaplan-Meier de la probabilité cumulée de fibrose systémique néphrogénique (FSN) et des facteurs de confusion associés après administration d’agents de contraste à base de gadolinium (ACBG), stratifiées selon la présence d’une insuffisance rénale avancée. ACR = American College of Radiology, IRC = insuffisance rénale chronique, IRCT = insuffisance rénale terminale.
Conclusion
Dans cette analyse du « scénario le plus défavorable » d'une vaste base de données réelles, nous avons constaté des taux extrêmement faibles de diagnostics possibles de fibrose systémique néphrogénique (FSN) après administration d'agents de contraste à base de gadolinium (ACBG), et ces taux n'étaient pas plus élevés chez les patients atteints d'insuffisance rénale chronique (IRC) avancée ou d'insuffisance rénale terminale (IRT). Ce constat s'est vérifié chez les patients exposés aux agents actuels, notamment les ACBG du groupe II de l'American College of Radiology et les ACBG macrocycliques. Des études ultérieures, avec des processus de dépistage et de classification plus rigoureux pour les cas potentiels de FSN, sont nécessaires pour confirmer nos résultats. Ces études permettraient d'influencer l'évaluation du rapport bénéfice/risque par les cliniciens chez les patients atteints d'IRC avancée ou d'IRT pour lesquels un examen IRM avec injection de produit de contraste est indiqué.

Principaux résultats
■ Dans une analyse rétrospective d'une base de données multicentrique, 3 939 921 patients ont reçu des agents de contraste à base de gadolinium (GBCAs), dont 73 022 (1,9 %) présentaient une insuffisance rénale avancée préexistante.
■ Les incidences des codes de diagnostic pour la fibrose systémique néphrogénique (FSN) potentielle ou les imitations étaient respectivement de 0,05 % et 0,74 % dans l'année suivant l'administration de tout GBCA, sans différence par rapport aux témoins appariés sans dysfonctionnement rénal.
■ Parmi les patients ayant reçu des GBCA de groupe II ou macrocycliques, les codes pour une NSF potentielle ou des imitations étaient rares (≤0,05 % et ≤0,77 %, respectivement).
SYNTHÈSE NOTE BOOKLM
Une étude sur 73 022 patients montre que le risque de fibrose systémique néphrogénique (FSN) après l'usage de produits de contraste au gadolinium modernes est infime. Chez les insuffisants rénaux graves, l'incidence reste similaire à celle des témoins, confirmant la sécurité des agents de groupe II. (IR stade 4 et 5 compris)
Une étude sur 73 022 patients montre que le risque de fibrose systémique néphrogénique (FSN) après l'usage de produits de contraste au gadolinium modernes est infime. Chez les insuffisants rénaux graves, l'incidence reste similaire à celle des témoins, confirmant la sécurité des agents de groupe II. (IR stade 4 et 5 compris)
Quelles sont les implications de cette étude pour la pratique clinique réelle ?
Cette étude présente des implications majeures pour la pratique clinique réelle, suggérant principalement une réévaluation du rapport bénéfice-risque concernant l'utilisation des produits de contraste à base de gadolinium (GBCAs) chez les patients souffrant d'insuffisance rénale sévère.
Voici les implications détaillées basées sur les sources fournies :
Réévaluation de la sécurité des agents modernes L'implication la plus directe est la confirmation de la sécurité des agents de contraste modernes chez les patients atteints de maladie rénale chronique (MRC) de stade 4 ou 5, ou d'insuffisance rénale terminale. L'étude démontre que la probabilité de développer une fibrose systémique néphrogénique (FSN) ou des affections similaires après l'administration de ces agents est extrêmement faible (environ 0,05 %) et n'est pas significativement plus élevée que chez les patients sans dysfonctionnement rénal.
Validation de l'utilisation des agents du groupe II et macrocycliques Pour les radiologues et les néphrologues, ces résultats confortent l'utilisation des agents du groupe II de l'American College of Radiology (ACR) et de ceux à structure macrocyclique. L'analyse n'a montré aucune augmentation du risque de diagnostic potentiel de FSN avec ces sous-groupes spécifiques par rapport aux témoins. Cela soutient les pratiques actuelles qui privilégient ces agents et suggère que le risque résiduel, s'il existe, est négligeable.
Modification de l'analyse bénéfice-risque Les résultats devraient considérablement influencer les décisions cliniques lorsqu'une IRM avec injection est indiquée. Historiquement, la crainte de la FSN a pu limiter l'accès à des examens diagnostiques cruciaux pour les patients rénaux. Cette étude, qualifiée d'analyse du « scénario du pire » (worst-case scenario), indique que les restrictions strictes pourraient être assouplies. Les cliniciens peuvent désormais considérer que les avantages diagnostiques d'une IRM contrastée l'emportent probablement sur le risque théorique de FSN chez ces patients.
Distinction entre mortalité et exposition au contraste L'étude clarifie également que la mortalité élevée observée chez les patients insuffisants rénaux après une IRM est liée à leur pathologie sous-jacente et non à l'administration de gadolinium. En effet, les taux de mortalité étaient similairement élevés chez les patients insuffisants rénaux n'ayant jamais reçu de produit de contraste. Cela rassure sur le fait que les GBCAs n'ont pas d'impact négatif direct sur le pronostic vital global.
Limites à considérer en pratique Malgré ces résultats rassurants, l'étude souligne que le diagnostic reposait sur des codes administratifs (CIM-10) et non sur des biopsies confirmées, ce qui laisse une marge d'incertitude quant aux cas non déclarés ou mal diagnostiqués.
Par conséquent, bien que le risque semble minime, une vigilance continue et des études ultérieures avec un dépistage plus rigoureux restent nécessaires pour confirmer irrévocablement ces conclusions avant d'abandonner toute précaution.
Par conséquent, bien que le risque semble minime, une vigilance continue et des études ultérieures avec un dépistage plus rigoureux restent nécessaires pour confirmer irrévocablement ces conclusions avant d'abandonner toute précaution.











Commentaire
Une excellente démonstration de l'innocuité à priori du gadolinium (groupe II/macrocycliques)


