"L'homme n'est pas seulement Homo sapiens (sage, rationnel), il est aussi Homo demens (fou, délirant). Il n'est pas seulement un être de raison, il est aussi un être d'affectivité, de mythe et de folie."Edgar Morin,
"Nous sommes des Homo sapiens, c'est-à-dire des hommes qui savent. Mais que savons-nous au juste de ce que nous sommes ? " Jean-Claude Carrière

La Théorie des intelligences multiples (Howard Gardner)
En psychologie, Howard Gardner a remis en cause l'idée d'une intelligence unique (souvent mesurée par le QI) et a défini 8 (puis 9) formes d'intelligence distinctes que chaque individu possède à des degrés divers :
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L'intelligence logico-mathématique : La capacité à calculer, à quantifier, à résoudre des problèmes logiques et à manier les concepts abstraits.
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**L’intelligence verbo-linguistique** : La capacité à utiliser efficacement les mots, à l’oral comme à l’écrit, et à comprendre les subtilités du langage.
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L'intelligence spatiale : La capacité à visualiser le monde en trois dimensions, à s'orienter et à se représenter mentalement des objets ou des espaces.
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L'intelligence intra-personnelle : La faculté de se comprendre soi-même, d'identifier ses propres émotions, ses forces et ses limites.
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L'intelligence inter-personnelle : L'aptitude à comprendre les autres, à interagir efficacement, à faire preuve d'empathie et à coopérer.
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L'intelligence corporelle-kinesthésique : La capacité à utiliser son corps (ou une partie de son corps) avec précision pour s'exprimer ou réaliser des tâches complexes (comme le font les artisans, les chirurgiens ou les athlètes).
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L'intelligence musicale-rythmique : La sensibilité aux sons, aux timbres, aux rythmes et la capacité à créer ou interpréter de la musique.
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L'intelligence naturaliste : (Ajoutée plus tardivement) La capacité à observer, à reconnaître et à classer les éléments de la nature (plantes, animaux, minéraux).
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L'intelligence existentielle ou spirituelle : (Souvent considérée comme la 9ème intelligence) L'aptitude à se questionner sur le sens de la vie, la mort et les grandes questions philosophiques de l'univers.
Les Types d'Intelligence Artificielle (IA)
Si votre question s'oriente vers les technologies modernes, les intelligences artificielles sont classées selon leur niveau de capacité et d'autonomie :
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L'Intelligence Artificielle Faible ou Étroite (ANI - Artificial Narrow Intelligence) : Ce sont des systèmes conçus et entraînés pour accomplir une tâche spécifique (par exemple : la reconnaissance vocale, la conduite autonome, ou l'analyse de données complexes). C'est le seul type d'IA qui existe concrètement aujourd'hui.
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L'Intelligence Artificielle Générale (AGI - Artificial General Intelligence) : Un système théorique qui posséderait des capacités cognitives égales à celles d'un être humain, capable de comprendre, d'apprendre et de s'adapter à n'importe quel problème général.
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La Superintelligence Artificielle (ASI - Artificial Superintelligence) : Un concept futuriste désignant un intellect qui dépasserait de loin les capacités des cerveaux humains les plus brillants dans pratiquement tous les domaines (créativité, résolution de problèmes, etc.).
2/ INTELLIGENCE COLLECTIVE (IC)
3/ INTELLIGENCE ANIMALE (IA 1)
4/ INTELLIGENCE ARTIFICIELLE (IA2)
L'IH , notre intelligence, présente chez tous les humains, quel que soit l'ethnie, la couleur de peau , le pays, etc.
L'IC : on réfléchit mieux à plusieurs, un bon exemple en médecine , les réunions de concertation pluridisciplinaire ou RCP.
l'IA1 , l'intelligence des animaux dont on a pas encore fait le tour. Rappelons que les chiens sont capables de dépister les cancers et de sauver de nombreuses vies en montagne, lors des tremblements de terre, etc.
L'IA2, l'intelligence dite artificielle inventée par l'intelligence humaine, est plus un outil qu'une intelligence, notamment en médecine.
Ces 4 intelligences sont interdépendantes les unes, des autres.
L'IA2 ne doit pas être en position de suprématie, elle doit être à côté des autres intelligences, chacune ayant ses propriétés que l'on doit respecter.
Ce qui différencie l'IH de l'IA2 , c'est le caractère moral de l'intelligence humaine, l'humain sent, respire, apprend, discute, échange, a des sentiments, des intuitions, a une spontanéité, l'IH est l'intelligence la plus accomplie . L'IA2, est artificielle et elle est issue de calculs, elle apprend oui mais elle ne comprend pas ce qu'elle dit. Elle "vomit" des mots qui deviennent des phrases dont elle ignore tout. Cependant ses capacités sont immenses car elle apprend très vite sur tout et aussi n'importe quoi.
OPEN EVIDENCE : INTELLIGENCE HUMAINE FACE À L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE EN MÉDECINE
Intelligence artificielle vs intelligence humaine en médecine : ce qui les différencie
La question de la comparaison entre l'intelligence artificielle (IA) et l'intelligence humaine en médecine est un sujet majeur de la littérature médicale contemporaine.
Voici une synthèse des différences fondamentales.
La différence fondamentale entre l'IA et l'intelligence humaine en médecine réside dans leur complémentarité : l'IA excelle dans le traitement massif de données et la reconnaissance de patterns, tandis que l'intelligence humaine reste irremplaçable pour le jugement clinique, l'empathie, et la prise en compte du contexte global du patient. [1-3]
Forces de l'intelligence artificielle
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Traitement de données à grande échelle : l'IA peut analyser des volumes considérables de données (dossiers médicaux électroniques, imagerie, profils génomiques) et identifier des patterns que l'humain ne peut percevoir seul. [2][4]
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Reconnaissance d'images : en radiologie, pathologie, dermatologie et cardiologie, les algorithmes de deep learning atteignent des performances comparables, voire supérieures, à celles des experts humains pour l'analyse d'images. [5-6]
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Rapidité et constance : l'IA ne souffre ni de fatigue, ni de variabilité inter-observateur, et peut fonctionner 24 h/24 avec une reproductibilité parfaite. [4][7]
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Analyse prédictive : les algorithmes prédictifs permettent la détection précoce de maladies et l'optimisation de l'allocation des ressources. [8]
Forces irremplaçables de l'intelligence humaine
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Jugement clinique et sens commun : les machines manquent d'insight clinique, de capacité d'adaptation contextuelle et de « bon sens » médical. L'IA ne peut pas intégrer les nuances psychosociales, socio-économiques et émotionnelles du patient. [9]
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Raisonnement en situation d'incertitude : une étude récente sur les grands modèles de langage (LLM) montre que, malgré de bonnes performances pour le diagnostic final, ces systèmes sont significativement moins performants pour générer un diagnostic différentiel complet, suggérant qu'ils prennent des « raccourcis cognitifs » en convergeant prématurément vers une réponse unique plutôt que de préserver l'incertitude diagnostique comme le fait un clinicien. [10]
La figure suivante illustre cette disparité entre les performances des LLM sur le diagnostic final versus le diagnostic différentiel :

Content used under license from the JAMA Network® © American Medical Association
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Relation médecin-patient : la communication de l'incertitude, l'annonce de mauvaises nouvelles, l'évaluation de la motivation et de l'adhérence thérapeutique restent des compétences exclusivement humaines. [11]
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Responsabilité éthique et médico-légale : le clinicien porte la responsabilité ultime des décisions, y compris la détection des biais algorithmiques. [1][8]
Risques de l'IA en médecine
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Biais d'automatisation (automation bias) : les cliniciens peuvent suivre aveuglément les recommandations de l'IA, même lorsqu'elles sont erronées. Une étude randomisée publiée dans le JAMA a montré que des modèles d'IA systématiquement biaisés (par exemple, sous-diagnostiquant certaines sous-populations) peuvent induire les médecins en erreur, et que les explications fournies par l'IA ne suffisent pas toujours à atténuer ce phénomène. [12]
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Érosion des compétences : la dépendance prolongée à l'IA risque de dégrader les compétences diagnostiques des cliniciens, en particulier chez les médecins en formation et dans les contextes de faible prévalence. [1]
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Hallucinations : les LLM peuvent générer des informations fausses avec une grande assurance, un phénomène particulièrement dangereux en contexte médical. [13]
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Opacité décisionnelle : le manque de transparence des algorithmes (« boîte noire ») soulève des questions de fiabilité clinique et de sécurité des patients. [8]
Vers une collaboration optimale
Le consensus actuel dans la littérature est que l'IA doit compléter et non remplacer l'expertise humaine. [1-2][6] L'intégration réussie nécessite :
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Une conception centrée sur l'humain avec des interfaces adaptatives [1]
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Une formation des cliniciens à la littératie en IA [2]
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Le maintien de la supervision clinique humaine pour toute décision finale [5]
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Des cadres réglementaires robustes garantissant transparence, sécurité et équité [8]
La figure suivante illustre bien cette répartition des rôles entre IA et clinicien, avec une zone de chevauchement où les deux intelligences interagissent :

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En résumé, l'avenir de la médecine ne réside pas dans le remplacement du clinicien par l'algorithme, mais dans l'établissement de partenariats bien définis. Dans ceux-ci, l'IA augmente l'expertise humaine tandis que le clinicien conserve la responsabilité ultime de la sécurité, de l'équité et du soin individualisé. [11]
REFERENCES
La notion d'outil pour l'IA2 en médecine est bien consacrée actuellement, mais jusqu'à quand ? L'IA argentique, une évolution dangereuse en médecine, donc ç maîtriser avec soin. Le Pape souhaite désarmée' l'intelligence artificiellle?
Dans son dernier ouvrage, Thierry Vermeeren, nous interpelle : "Quand l'IA pense pour vous", préface par Patrick Callier, président de SoFia , et de conclure "l'Homo sapiens demeure "
Je vous recommande vivement ce magnifique ouvrage.

Les IA ne sont pas les rois du monde, les 4 IA susmentionnées et regroupées en une entité représentent "une substantifique moelle" avec l'humain en premier plan. C'est ainsi qu'en médecine , chaque IA trouvera sa place.
Quand l'IA pense pour vous, joli titre, au 2ᵉ degré , en médecine l'IA ne pensera pas pour nous et encore moins pour le patient.
L'HOMO SAPIENS DEMEURE, telle est la conclusion, de Thierry Vermeeren et c'est très bien . mais il existe une autre version , la régression de l'HOMO SAPIENS par l'iA avec une diminution de ses fonctions cognitives très progressive. Cela est constaté et ne pourrait qu'empirer . Il faut à tout prix protéger l'homme et notamment en médecine ! Vous avez abordé ce sujet dans votre livre.
Résumé par NOTEBOOKLM
- Hygiène cognitive : préserver l'engagement cognitif des individus.
- Accountability (Responsabilité) : maintenir l'humain "dans la boucle" de décision, un concept que les juristes cherchent encore à codifier précisément.
- Éducation : enseigner non seulement "avec" mais aussi "malgré" l'IA.
- Cognitive : améliorer les capacités de réflexion.
- Créative : utiliser l'IA comme "matériau artistique" plutôt que simple outil.
- Sociale : renforcer les liens et les interactions.
- Démocratique : utiliser des systèmes de délibération assistée pour synthétiser les avis des parties prenantes.
- Écologique : mettre la puissance de calcul au service de la recherche (ex: AlphaFold en biologie structurale)

Ces réflexions en appelleront d'autres,nous n'en sommes qu'au début de nos questions. et nos réflexions.
L'HOMO SAPIENS existe depuis 200 000 ans, tandis que l'IA n'a que 50 ans d'existence !










L'IA ne va-t-elle pas nous détruire, question existentialiste ?
Sommes-nous capables d'évoluer et de nous adapter ?
Lisez attentivement ce qu'écrit Yuval Noah.
" L'intelligence est en train de se découpler de la conscience. Jusqu'à présent, une intelligence élevée allait toujours de pair avec une conscience développée. [...] Mais aujourd'hui, nous développons de nouveaux types d'intelligences non conscientes qui peuvent surpasser l'Homo sapiens dans la plupart de ses tâches. " Yuval Noah Harari, 21 Leçons pour le XXIe siècle
« L'Homo sapiens est une espèce post-vérité, dont le pouvoir dépend de la création et de la croyance en des fictions. Mais face à des algorithmes qui nous comprendront mieux que nous ne nous comprenons nous-mêmes, l'illusion du libre arbitre humain risque de s'effondrer." Yuval Noah Harari
A LIREHomo sapiens, à l’heure de l’intelligence artificielle
Alain de Vulpian & Irène Dupoux-Couturier
A l’heure de l’intelligence artificielle, le risque est que nous prenions le chemin d’une « société-comme-des-fourmis ». Alain de Vulpian et Irène Dupoux-Couturier perçoivent trois menaces :
1) La résistance des grandes entreprises financiarisées
2) Les incertitudes liées à l’expansion extrêmement rapide du numérique
3) La persistance de la démocratie telle que nous la pratiquons.
Toutefois le réveil d’une intelligence dite « spirituelle » et laïque en Occident est un formidable espoir pour l’émergence d’une nouvelle sagesse au XXIe siècle qui permettrait à Homo sapiens de
devenir une espèce plus avisée, plus capable de se gouverner dans la complexité.
Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la technologie a dépassé la courbe d’adaptabilité de Homo sapiens !
https://sapiensux.com/design-comportemental-technologies-homo-sapiens/


