La lipoprotéine(a) devrait être testée au moins une fois chez tous les adultes.
Malgré la prévalence élevée estimée de Lp(a) élevé, les taux de dépistage de Lp(a) restent très faibles.
Des lacunes dans les connaissances, des obstacles aux tests et des nuances dans l’interprétation et l’utilisation clinique de la Lp(a) persistent.
Des essais cliniques, des études de cohorte, des données en situation réelle et des études de mise en œuvre sont nécessaires à mesure que le dépistage de la Lp(a) se développe.
Résumé
Les récentes recommandations 2026 de l'American College of Cardiology et de l'American Heart Association sur la prise en charge de la dyslipidémie s'inscrivent dans le consensus international croissant préconisant le dosage de la lipoprotéine(a) [Lp(a)] au moins une fois chez tous les adultes.
Bien que l'on estime qu'environ une personne sur cinq présente des taux de Lp(a) égaux ou supérieurs aux seuils explicitement associés à un risque accru de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse et de sténose aortique calcifiée (≥ 50 mg/dL ou ≥ 125 nmol/L), les données d'études récentes révèlent des taux de dépistage très faibles au sein de la population générale.
Un dépistage systématique de la Lp(a) est donc urgent.
Outre les recommandations préconisant le dépistage de la Lp(a) chez tous les adultes, des solutions sont nécessaires pour combler les lacunes de connaissances, lever les obstacles au dépistage et clarifier les subtilités de l'utilisation clinique de la Lp(a). Les études visant à répondre à ces besoins non satisfaits doivent être prioritaires à l'aube de la généralisation du dépistage systématique de la Lp(a) chez l'adulte.
Considérations relatives à l'illustration centrale découlant des recommandations pour la mesure de la Lp(a) chez tous les adultes. Abréviation : Lp(a), lipoprotéine(a).
Les recommandations relatives au dépistage de la Lp(a) issues des Lignes directrices constituent un apport très positif au domaine. Nous prévoyons qu'elles rehausseront l'importance de ce dépistage en pratique clinique et contribueront à réduire l'écart entre la prévalence d'un taux élevé de Lp(a) et les taux de dépistage actuellement faibles. Le domaine de la Lp(a) connaît actuellement une période passionnante, avec de nombreux efforts à déployer pour lever les obstacles au dépistage et répondre aux nombreuses questions qui se poseront à mesure que les taux de dépistage augmenteront, notamment :
•
Si des thérapies ciblées visant à réduire le taux de Lp(a) diminuent les événements ASCVD et deviennent disponibles pour un usage clinique, comment cela pourrait-il à lui seul entraîner une augmentation des tests Lp(a), et quelle pourrait être l'ampleur d'un tel changement de pratique (par exemple, les tendances se limiteront-elles aux patients atteints d'ASCVD avérée, ou l'émergence de ces thérapies suscitera-t-elle des tests plus généralisés ?)
Bien que les taux de Lp(a) soient principalement déterminés génétiquement, les résultats doivent être interprétés en tenant compte du contexte clinique du patient. Des facteurs non génétiques peuvent influencer les résultats de Lp(a) chez un patient donné (par exemple, une insuffisance rénale, des dysfonctionnements thyroïdiens et hépatiques, une grossesse, la ménopause, la prise de certains médicaments [dont les statines] et une inflammation).¹ Comment l’impact de ces facteurs sur les taux de Lp(a) doit-il être intégré dans la prise de décision clinique concernant la Lp(a) ?
Lors de la mesure ou du calcul du LDL-C, une partie de cette valeur est imputable au Lp(a)-C ; comment cela devrait-il influencer l’interprétation du LDL-C et la prise de décision clinique chez les personnes présentant un taux élevé de Lp(a) ? 2
Comment intégrer les valeurs de Lp(a) dans nos stratégies d'évaluation globale du risque cardiovasculaire athérosclérotique (ASCVD) ? Peut-on intégrer la Lp(a) dans les calculateurs de risque ASCVD à 10 et 30 ans ? Le risque ASCVD chez les personnes présentant un taux élevé de Lp(a) doit-il être interprété différemment en cas de score calcique coronaire de 0 ou lorsque le risque ASCVD estimé est par ailleurs faible ?
Existe-t-il des situations où une mesure de Lp(a) doit être répétée, par exemple lorsque les résultats se situent dans une « zone grise » (30 à <50 mg/dL, ou 75 à <125 nmol/L) ? 2 Le test doit-il être répété si la mesure initiale a été effectuée au moment d’un syndrome coronarien aigu ? Ou au moment d’une inflammation systémique aiguë (telle qu’une infection grave) ? Les mesures de Lp(a) doivent-elles être répétées après le début d’un traitement hypolipémiant susceptible d’affecter les taux de Lp(a) (par exemple, les inhibiteurs de PCSK9) ?
Comment accroître le dépistage au sein des groupes sous-représentés dans la recherche actuelle, mais présentant un risque accru connu d’élévation du taux de Lp(a) (par exemple, les personnes d’ascendance africaine ou sud-asiatique) ?
Grâce à des recherches approfondies (essais cliniques, données en vie réelle, études de cohorte et d'implantation), nous pouvons répondre à ces besoins non satisfaits et à ces importantes questions cliniques. Il est temps, dès maintenant, de dépister systématiquement tous les adultes pour la Lp(a).
Cet article de recherche souligne l'importance cruciale du dépistage universel de la lipoprotéine(a) chez tous les adultes, conformément aux nouvelles directives cliniques de 2026 visant à prévenir les maladies cardiovasculaires. Les auteurs expliquent que cette particule, largement déterminée par la génétique, constitue un facteur de risque majeur pour l'athérosclérose et la sténose aortique, touchant environ une personne sur cinq malgré des taux de dépistage actuellement insuffisants. Le texte explore les obstacles au dépistage, tels que le manque de sensibilisation et les coûts, tout en proposant des solutions concrètes comme la standardisation des mesures biologiques et le dépistage en cascade au sein des familles. En structurant les défis actuels autour de la recherche et de la mise en œuvre clinique, l'étude vise à combler le fossé entre les recommandations médicales et la pratique réelle pour améliorer la santé publique.