Volumetric perfusion fraction change in MR angiography for monitoring sclerotherapy-related changes in peripheral venous malformations,
Modification de la fraction de perfusion volumétrique en angiographie par résonance magnétique pour le suivi des modifications liées à la sclérothérapie dans les malformations veineuses périphériques Fabian Haupt et Coll dont Miikka Vikkula https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0720048X26002317
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Points forts
L’œdème et le gonflement post-traitement visibles sur l’IRM pondérée en T2 peuvent masquer la réduction de la lésion et simuler une progression dans les malformations veineuses.
La fraction de perfusion volumétrique (VPF) offre une alternative quantitative aux mesures de taille pondérées en T2.
Le VPF montre une nette diminution chez la plupart des patients après sclérothérapie pour malformations veineuses.
Le VPF peut servir de paramètre objectif établi sur l'IRM pour le suivi des changements liés au traitement dans la pratique clinique courante et les essais cliniques.
Contexte
Dans les malformations veineuses (MV), l'œdème post-interventionnel visible sur l'IRM pondérée en T2 (T2w) peut masquer les véritables modifications post-traitement, rendant difficile un suivi fiable par imagerie. L'évaluation IRM actuelle est souvent qualitative et dépendante du centre, soulignant la nécessité de paramètres quantitatifs standardisés.
Méthodes
Nous avons analysé rétrospectivement les patients atteints de malformations vasculaires (MV) traités dans notre hôpital entre 2018 et 2022 et ayant bénéficié d'une IRM avec angiographie par résonance magnétique (ARM) avant et après sclérothérapie à l'éthanol. Le volume des MV a été calculé à partir des diamètres mesurés dans deux plans orthogonaux sur les images pondérées en T2 (T2w) et en ARM. Un nouveau paramètre, la fraction de perfusion volumique (FPV), a été calculé comme le rapport du volume perfusé en ARM au volume total en T2w. Les paramètres ont été comparés à l'aide de tests comparatifs et d'une analyse de la courbe ROC (Receiver Operating Characteristic) afin d'évaluer la capacité de chaque paramètre à distinguer les images avant et après sclérothérapie.
Résultats
Trente-six patients atteints de malformations vasculaires (MV) ont été inclus (âge médian : 21 ans ; intervalle : 7-59 ans ; 24 femmes ; 66,7 %). Le volume total de la malformation sur les images pondérées en T2 a diminué de 9,0 % (45,4 mL ; 0,6-801,9 mL vs 30,9 mL ; 0,1-802,4 mL ; p = 0,056) après le traitement, tandis que le volume de perfusion visualisé par ARM a diminué de 87,4 % (26,1 mL ; 0,5-643,6 mL vs 4,5 mL ; 0,0-352,4 mL ; p < 0,001). Le VPF a diminué de 68,1 % (74,0 % ; 10,1-131,7 % vs 18,2 % ; 0,0-85,3 % ; p < 0,001) malgré une variabilité interindividuelle considérable. L'analyse ROC a révélé l'effet le plus marqué pour le VPF, avec une aire sous la courbe (AUC) de 0,91 (p < 0,001), suivi du diamètre et du volume dérivés de l'ARM (AUC de 0,75 et 0,79 ; p < 0,001 pour les deux). Les paramètres IRM T2w ont montré l'effet le plus faible (AUC de 0,57 ; p = 0,30).
Conclusion
Le VPF a démontré la meilleure capacité de discrimination des effets du traitement par rapport à l'ARM et aux mesures T2w. Il pourrait constituer un paramètre IRM robuste et objectif pour le suivi des changements liés au traitement en pratique clinique courante et dans les essais futurs.
Résumé graphique
Images T2w et ARM obtenues chez une patiente de 37 ans présentant une malformation veineuse de la cuisse gauche, avant (état initial) et 6 mois et demi après sclérothérapie (suivi). Les vues axiales et coronales sont présentées côte à côte. Les images T2w de suivi montrent une zone d'hypersignal autour de la malformation et dans le muscle adjacent, attribuable à un œdème et à la formation de tissu réactionnel. À l'inverse, la malformation elle-même, visualisée par un rehaussement de contraste en ARM, a nettement diminué de volume. Le contour de la malformation veineuse est délimité par une ligne pointillée. Le VPF est calculé en divisant le volume perfusé de la malformation veineuse en ARM (représenté par la zone rouge) par son volume en T2w (zone bleue).
En conclusion, l'IRM morphologique T2 peut sous-estimer les modifications d'imagerie post-traitement ou simuler une progression, tandis que l'ARM avec injection de produit de contraste offre une représentation plus précise de ces modifications. Parmi tous les paramètres évalués, le VPF a présenté la modification la plus marquée et la plus constante liée au traitement, ce qui en fait un critère d'évaluation d'imagerie pertinent pour le suivi des modifications induites par la sclérothérapie chez les patients atteints de VM. Compte tenu de sa robustesse malgré une variabilité interindividuelle importante, le VPF pourrait constituer un paramètre prometteur pour les futurs essais cliniques.
Cette étude scientifique, publiée dans l’European Journal of Radiology, évalue de nouvelles méthodes d’imagerie pour suivre l'évolution des malformations veineuses périphériques après un traitement par sclérothérapie à l'éthanol. Les auteurs soulignent que les séquences IRM classiques en T2 sont souvent peu fiables car l'œdème post-opératoire peut masquer la réduction réelle de la lésion, créant ainsi une fausse impression de progression. Pour remédier à cela, l'étude introduit le concept de fraction de perfusion volumétrique (VPF), un paramètre quantitatif calculé en comparant le volume de la malformation visible à l'angiographie par résonance magnétique (ARM) par rapport au volume total mesuré en T2. Les résultats démontrent que la VPF possède une capacité de discrimination nettement supérieure aux mesures traditionnelles pour refléter l'efficacité du traitement. En conclusion, ce nouvel outil offre un indicateur robuste et objectif pour le suivi clinique et les futures recherches sur les anomalies vasculaires.
Rappel : MVFI : Microvascular flow imaging
Commentaire
Il faut rendre hommage à Miikka Vikkula et à Laurence Boon pour leurs travaux sur les malformations vasculaires et notamment veineuses : BRAVO ! . L'étude décrite dans cet article est à la fois passionnante et en même temps très astucieuse. La question que l'on peut se poser est de savoir ce que l'on pourrait accomplir avec l'écho-Doppler de manière aussi efficace. Les ultrasons évoluent, et je pense qu'il y a une possibilité d'amélioration. L'article récent de Guillaume Goudot décrit dans MEDVASC.INFO le MVFI ; "Progrès en imagerie ultrasonore sans contraste pour les flux à faible vitesse". Les techniques d’imagerie de flux microvasculaire modernes exploitent l’émission ultrasonore plane et le traitement parallèle des échos pour offrir une visualisation inégalée de la microvascularisation. Elles permettent de détecter des flux très lents et de minuscules vaisseaux, ouvrant de nouvelles perspectives pour le diagnostic précoce et le suivi de nombreuses pathologies, en particulier en oncologie et en pathologie ganglionnaire (https://medvasc.info/archives-blog/progr%C3%A8s-en-imagerie-ultrasonore-sans-contraste-pour-les-flux-%C3%A0-faible-vitesse).
La fraction de perfusion volumétrique (VPF) est-elle analysable avec les ultrasons ?
A essayer !
Un avantage un matériel "léger" vs l'IRM et un coût réduit .
NOTE COMPLÉMENTAIRE par NOTEBOOK IA "L'imagerie de la microvascularisation, souvent regroupée sous le terme de modes d'imagerie de flux microvasculaire (MVFI), représente une avancée majeure en échographie permettant de visualiser les flux sanguins lents sans injection d'agent de contraste Cette technologie comble les lacunes des modes Doppler conventionnels (couleur et puissance), qui peinent à distinguer les flux très lents des mouvements des tissus environnants
Voici les aspects clés de cette technologie établis sur les sources :
Fondements technologiques
Contrairement au Doppler classique qui utilise des filtres basés uniquement sur la fréquence, les nouveaux modes MVFI s'appuient sur des technologies de pointe pour améliorer la sensibilité :
Encodage du signal (CHIRP) : Utilisé par des modes comme le B-flow™ ou l'E-flow™, cette technique augmente la pénétration et le rapport signal/bruit tout en maintenant une bonne résolution axiale
Imagerie à haute cadence (High Frame Rate) : En utilisant des ondes planes ou des "faisceaux larges" (wide beams), les échographes peuvent reconstruire des images beaucoup plus rapidement Cela permet de suivre la cohérence spatiotemporelle : le tissu bouge de manière uniforme (haute cohérence), tandis que le sang change rapidement (faible cohérence).
Filtrage avancé (SVD) : La décomposition en valeurs singulières (Singular Value Decomposition) est devenue un standard pour séparer avec précision le signal sanguin des échos parasites du tissu
Applications Cliniques majeures
L'imagerie microvasculaire trouve des applications cruciales dans plusieurs domaines de la médecine :
Vascularisation carotidienne et plaques : Ces modes permettent de mieux délimiter les parois artérielles et de détecter la néovascularisation intra-plaque, un indicateur de vulnérabilité et de risque d'AVC. Ils sont aussi utiles pour évaluer l'activité de l'artérite de Takayasu en visualisant les Vasa Vasorum enflammés dans la paroi artérielle.
Oncologie : La détection de la néovascularisation tumorale aide à différencier les tumeurs bénignes des malignes, particulièrement dans les cancers du sein et de la thyroïde Le mode SMI™ a montré une sensibilité équivalente à l'échographie de contraste pour l'étude des tumeurs mammaires
Pathologies abdominales : Elle permet une meilleure visualisation de la vascularisation rénale (détection d'infarctus) et s'avère prometteuse pour le suivi des endofuites après la pose d'endoprothèses aortiques, offrant une alternative non invasive au scanner
Quantification : L'Index de Vascularité
Certains fabricants ont introduit l'Index de Vascularité, qui calcule le ratio entre les pixels détectant un signal vasculaire et la surface totale d'une zone d'intérêt Cette mesure peut être réalisée en 2D ou en 3D pour évaluer objectivement la perfusion d'un organe (comme le rein ou le placenta) ou d'une tumeur
Limites actuelles
Malgré ses avantages, l'imagerie microvasculaire présente des limites :
Propriété industrielle : Les algorithmes exacts sont protégés par des brevets, ce qui rend difficile une évaluation comparative rigoureuse entre les différents constructeurs (SMI™, MV-Flow™, MFI™, etc.) Sensibilité : Bien que performante, elle reste inférieure à l'échographie avec produit de contraste pour les vaisseaux de calibre inférieur à 50 µm
Manque d'études à large échelle : Il manque encore des études randomisées de grande envergure pour intégrer systématiquement ces modes dans les recommandations cliniques internationales
En résumé, les modes MVFI améliorent considérablement la détection de l'interface sang-paroi et étendent la visualisation de l'arbre vasculaire distal, ouvrant de nouvelles perspectives pour un diagnostic vasculaire rapide et sans contraste."